En se concentrant sur l’économie collaborative dans le domaine des biens – avec des initiatives comme les FabLab, Repair Cafés, Le Bon Coin, Place de la Loc, Recupe.net - PICO analyse :

  • les motivations environnementales et sociales des entrepreneurs et des usagers,
  • les impacts actuels de cinq plateformes d’échange de bien entre particuliers,
  • et le rôle que pourraient jouer les pouvoirs publics pour soutenir les modèles les plus prometteurs pour une économie circulaire.  

 

 

RAPPORTS ET PUBLICATIONS

 

L’économie collaborative: réservoir d’innovations pour le développement durable - SYNTHÈSE DES RÉSULTATS DU PROJET PICO VERSION COURTE

Damien DEMAILLY, IDDRI ; Valentina CARBONE, ESCP-EUROPE ; Aurélien ACQUIER, ESCP-EUROPE ; David MASSÉ, ESCP-EUROPE ; Dominique ROUX, UNIVERSITÉ PARIS SUD / UNIVERSITÉ DE REIMS ; Simon BOREL, UNIVERSITÉ PARIS SUD ; Florence BENOIT-MOREAU, UNIVERSITÉ PARIS DAUPHINEValérie GUILLARD, UNIVERSITÉ PARIS DAUPHINE ; Beatrice PARGUEL, UNIVERSITÉ PARIS DAUPHINE ; Flore BERLINGEN, ZERO WASTE FRANCE ; Maelle CAPPELLO, ZERO WASTE FRANCE ; Arthur DE GRAVE, OUISHARE ;  Benjamin TINCQ, OUISHARE

 

L’économie collaborative: réservoir d’innovations pour le développement durable - SYNTHÈSE DES RÉSULTATS DU PROJET PICO VERSION LONGUE

 

 

 

 

 

 

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Aurélien ACQUIER, Valentina CARBONE et David MASSÉ (ESCP-EUROPE)

 L’économie collaborative : fondements théoriques et agenda de recherche

LE CHAMP DE L’ÉCONOMIE COLLABORATIVE : UN CHAMP HÉTÉROGÈNE AUX CONTOURS FLOUS
L’ampleur de la croissance de l’économie collaborative constitue l’un des phénomènes marquants de ces dernières années et interpelle les acteurs publics et privés. Pourtant le champ de l’économie collaborative est difficile à délimiter et recouvre des initiatives hétérogènes. L’objet de cet article est d’éclairer les débats et paradoxes qui traversent le champ émergent de l’économie collaborative en explorant les différentes racines théoriques et philosophiques qui l’irriguent.

QUATRE COURANTS IRRIGUENT L’ÉCONOMIE COLLABORATIVE
Nous identifions quatre traditions théoriques différentes dans lesquelles l’économie collaborative prend racine : l’économie de la fonctionnalité, du don, la gestion des communs, la contre-culture libertaire américaine.

L’INSTITUTIONNALISATION DE L’ÉCONOMIE COLLABORATIVE : VERS UN AGENDA DE RECHERCHE
Nous développons ensuite un agenda de recherche explorant le rôle de ces courants théoriques dans les processus de performativité et l’institutionnalisation du champ de l’économie collaborative.

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Aurélien ACQUIER, Valentina CARBONE et David MASSÉ (ESCP-EUROPE)

Les mondes de l’économie collaborative Une approche par les modèles économiques

L’ÉCONOMIE COLLABORATIVE RÉUNIT DIFFÉRENTS MONDES
Ces dernières années ont été marquées par l’explosion du champ de l’économie collaborative. Si la plupart des observateurs s’accordent pour souligner son potentiel disruptif, les contours de cette nouvelle économie du partage restent flous et difficiles à appréhender. Le champ de l’économie collaborative regroupe en effet des initiatives hétérogènes en termes d’objectifs, d’idéologies et de mécanismes de création de valeur, allant du marchand au non-marchand. De fait, le développement de l’économie collaborative donne lieu aux interprétations les plus variées : alors que certains y voient une promesse de partage, de consommation alternative et de nouvelles solidarités, d’autres soulignent au contraire le risque d’« uberisation » de pans entiers de l’économie et de précarisation des travailleurs.

PENSER L’ÉCONOMIE COLLABORATIVE À TRAVERS QUATRE TYPES D’INITIATIVES
Pour éclairer ces paradoxes, il est nécessaire d’analyser les démarches à un niveau de granularité plus fin. Pour comprendre l’hétérogénéité de l’économie collaborative, nous nous appuyons sur l’étude des modèles économiques (ou “business models’) d’une trentaine d’initiatives collaboratives dans le secteur des biens matériels. En différenciant les mécanismes de création et de distribution de la valeur de ces initiatives, nous mettons en évidence quatre idéaux-types des démarches collaboratives : « les rentiers », « les collectivistes », « les altruistes » et « les entremetteurs ». Chacun de ces idéaux-types renvoie à une configuration organisationnelle, des logiques d’actions et des enjeux de développement spécifiques. Enfin, certaines initiatives hybrides se situent au confluent de plusieurs logiques. Elles s’inscrivent dans le monde marchand et dans une volonté de croissance tout en poursuivant une volonté de création de valeur sociétale. Si elles représentent un fort potentiel d’innovation économique, environnemental et social, leur développement soulève de nombreux paradoxes et défis managériaux.

SOUTENIR ET RÉGULER L’ÉCONOMIE COLLABORATIVE EN TENANT COMPTE DE SA DIVERSITÉ
Rentiers, collectivistes, altruistes et entremetteurs reposent sur des logiques de développement et des mécanismes de création de valeur très différents. Pour les acteurs publics, ils ne soulèvent pas les mêmes enjeux en termes de régulation et de soutien. Notre typologie permet alors de penser la mise en œuvre de stratégies de politiques publiques à différentes échelles et de manière différenciée.

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Simon BOREL (UNIVERSITÉ PARIS SUD), Valérie GUILLARD (UNIVERSITÉ PARIS DAUPHINE) et Dominique ROUX (UNIVERSITÉ PARIS SUD / UNIVERSITÉ DE REIMS CHAMPAGNE-ARDENNE)

Ce qui circule entre nous en ligne

LES PLATEFORMES DE DON EN LIGNE : UNE HYBRIDATION DU DON
Les plateformes de don en ligne mettent en relation des donneurs et des récupérateurs de biens matériels en résolvant leurs problèmes d’appariement. De quelle manière ces plateformes s’inscrivent-elles dans les économies hybrides (entre utilitarisme et anti-utilitarisme) que suppose l’écosystème des plateformes ? Les entretiens effectués avec les usagers de Recupe. net permettent de mettre en lumière des formes de calcul et de calculabilité spécifiques au don en ligne et l’émergence d’une forme de don atypique.

LE DON EN LIGNE : ENTRE MOTIFS CHARITABLES, ALTRUISTES ET SOLIDAIRES …
Une majorité de donneurs-récupérateurs de Recupe.net sont motivés par la volonté de faire plaisir et de rendre service aux autres en répondant à des besoins et à des demandes. Si le don en ligne aboutit rarement à la création de liens forts durables entre les prestataires, il permet de faire vivre des liens faibles et des pratiques d’entraides entre étrangers.

...ET SÉLECTION, ANTICIPATION, CALCUL ET DISCRIMINATIONS DES PRESTATAIRES
Mais le don en ligne s’accompagne parallèlement d’opérations d’anticipation, de calcul et de sélection des « bons profils » de donneurs/ récupérateurs. Ainsi, de nombreux donneurs sélectionnent voir discriminent les récupérateurs en fonction de leur présentation d’eux-mêmes (conventions de politesse) et de critères socioéconomiques (chômage, pauvreté, etc.) ou sociodémographiques (jeunes actifs, famille monoparentale, etc.) précis. Cette discrimination positive peut même prendre la forme de discriminations négatives avec des disqualifiés du don (capitaux social ou culturel défaillants), lorsque la confiance se retourne en défiance.

VERS UN DON ASSURANTIEL ET PRUDENTIEL ENTRE ÉTRANGERS
Dès lors, une nouvelle forme de don émerge : un don pair-à-pair (médiatisé en ligne et en face à face) entre étrangers qui se rencontrent et mènent entre eux des prestations sans devenir des alliés, et dans lequel on retrouve (à géométrie variable) du calcul, de la sélection et de la générosité/sollicitude. Un don assurantiel et prudentiel où prime avant tout le souci de se prémunir contre les effets et les méfaits du don, en recherchant la relation tout en la tenant à distance, les étrangers du départ restant (dans la majeure partie des cas) des étrangers à la fin des prestations.

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Simon BOREL (UNIVERSITÉ PARIS SUD), Valérie GUILLARD (UNIVERSITÉ PARIS DAUPHINE) et Dominique ROUX (UNIVERSITÉ PARIS SUD / UNIVERSITÉ DE REIMS CHAMPAGNE-ARDENNE)

Processus de cession d’objets sur internet : une analyse par la socialité des acteurs

COMMENT RÉALISER DES TRANSACTIONS EN L’ABSENCE DE DISPOSITIFS DE CONFIANCE ?
Les sites d’achat/vente d’objets comme leboncoin.fr ou de don d’objets tels que Recupe.net jouissent d’un succès surprenant. En l’absence de dispositif de confiance, en effet, la question des modalités par lesquelles l’incertitude peut être surmontée pour rendre des transactions possibles entre « étrangers » constitue une question intéressante. L’objectif de cet article est de théoriser les processus par lesquels les cédants – vendeurs ou donneurs – parviennent à initier et à faire aboutir leurs transactions.

LA TRANSACTION COMME PROCESSUS : AVANT, PENDANT ET APRÈS LA RENCONTRE
Le rôle des représentations en amont de la rencontre est fondamental. Du côté des vendeurs, on observe une mobilisation de la figure de l’acheteur, qui permet de projeter et d’anticiper ses attentes en travaillant à réduire pour lui les risques perçus. Dans le cas du don, si le travail de représentation de la figure du bénéficiaire est en tous points identique, il met en évidence que le récupérateur doit être tolérant, voire sans exigence, et doit accepter les produits « en l’état ». Ce travail de représentation se poursuit dans la phase d’anticipation où les cédants affinent leurs représentations d’autrui en vue du premier contact. Des mécanismes de sélection sont très présents du côté des donneurs qui veulent savoir à qui ils confient leur bien (gratuitement), et moins présents chez les vendeurs qui traitent en général avec le premier offrant.

DES FORMES DE SOCIALITÉ DIFFÉREMMENT VÉCUES ET APPRÉCIÉES
La phase de concrétisation marque le moment où les protagonistes fixent ou négocient le lieu de la rencontre. Cette phase fait l’objet d’arbitrages qui dépendent moins de la pratique elle-même (vente ou don) que des personnes, des zones géographiques et des biens concernés. Par exemple, les rencontres à domicile entre coéchangistes sont fréquentes lorsqu’il s’agit de biens volumineux/lourds. Mais pour les plus faciles à déplacer, elles donnent souvent lieu au choix d’un lieu « neutre » et hors de la sphère intime. D’une manière générale toutefois, s’ils cherchent rarement à créer des liens à l’issue des échanges, peu de répondants vivent cette expérience comme une contrainte. Quelques différends peuvent avoir lieu, mais ils trouvent la plupart du temps une issue satisfaisante pour les protagonistes.

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Simon BOREL (UNIVERSITÉ PARIS SUD), Dominique ROUX (UNIVERSITÉ PARIS SUD / UNIVERSITÉ DE REIMS CHAMPAGNE-ARDENNE) et Damien DEMAILLY (IDDRI) 

La place des enjeux sociaux et environnementaux dans la consommation collaborative : le point de vue des usagers

LA CONSOMMATION COLLABORATIVE N’EXISTE PAS
Sous la bannière de la consommation collaborative, de plus en plus de particuliers utilisent des plateformes sur internet pour vendre, donner, prêter, louer leurs biens ou encore obtenir des conseils de réparation. Le développement de ces plateformes ouvre-t-il la voie à la réduction de l’empreinte écologique et au renforcement des liens sociaux ? Les entretiens effectués avec les usagers de ces plateformes fournissent des éléments de réponse à ces questions, tout en nous incitant à éviter les généralités : il n’y a pas une consommation collaborative mais des consommations collaboratives.

L’ENVIRONNEMENT ET LE SOCIAL : DES MOTIVATIONS SUR CERTAINES PLATEFORMES
Prolonger la durée de vie des objets et rendre service aux autres sont des motivations importantes chez les usagers des plateformes de don, de location ou encore de prêt étudiées. Elles restent marginales sur d’autres plateformes comme l’achat-vente d’occasion où la recherche de gain économique prédomine. Les motivations qui réunissent tous les consommateurs collaboratifs sont la facilité des échanges et le désir de trouver des alternatives au « système » traditionnel de consommation.

LES PLATEFORMES CONTRIBUENT – MOINS QUE PRÉVU – À LA RÉDUCTION DE L’EMPREINTE ÉCOLOGIQUE
Les échanges sur les plateformes collaboratives se substituent à l’achat de biens neufs, mais cette substitution n’est que partielle : les plateformes étudiées permettent par exemple à des usagers d’acquérir des biens « en plus », qu’ils n’auraient pas achetés neufs. Ils ont encore peu d’effet sur la qualité de ces biens et peuvent conduire à de longs déplacements en voiture dans certains cas : territoires péri-urbain, biens à forte valeur, etc

LIEN SOCIAL : UN SUPPLÉMENT D’ÂME À L’ÉCHANGE
Les usagers sont souvent sceptiques sur la possibilité de nouer des liens sociaux avec leurs coéchangistes, en tout cas pour les échanges marchands. Les expériences vécues nuancent cependant ce tableau, les échanges pouvant être l’occasion de tisser des liens « faibles ». La plateforme de prêt ultra-locale étudiée se distingue fortement, avec des relations interpersonnelles riches qui pré-existaient à la création de la plateforme et que cette dernière vient renforcer.

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Damien DEMAILLY (IDDRI), Flore BERLINGEN (ZERO WASTE FRANCE) et Arthur DE GRAVE (OUISHARE)

Pour de nouveaux partenariats entre les pouvoirs publics et l’économie du partage

DES NOUVELLES SOLUTIONS POUR ENRICHIR L’OFFRE DE SERVICE PUBLIC
Sous la bannière de concepts tels que l’économie du partage, des innovateurs développent des plateformes sur lesquelles des particuliers peuvent par exemple vendre, donner, louer ou prêter leurs biens. Toutes ne connaitront pas le succès, alors même que certaines d’entre elles peuvent répondre à des missions de service public comme la prévention des déchets ou les économies de ressources. Si les entretiens effectués avec des décideurs publics français montrent que nombre d’entre eux – et en particulier ceux en charge des enjeux environnementaux – connaissent mal ces innovations et adoptent un rôle d’observateur prudent, d’autres ébauchent de nouveaux partenariats avec ces acteurs pour soutenir leur développement.

DES ÉBAUCHES DE PARTENARIATS PUBLIC-PLATEFORME À COMPLÉTER
Ainsi, sur certains territoires, les développeurs de plateformes – qu’ils soient des entreprises ou des associations – ont accès à de multiples soutiens publics pour démarrer leurs projets comme des incubateurs ou des financements initiaux. Ils sont peu aidés néanmoins dans leurs efforts de communication auprès du grand public, un enjeu crucial pour atteindre rapidement la masse critique d’utilisateurs nécessaire au bon fonctionnement de leurs plateformes. Par ailleurs, ils peinent à entrer dans des partenariats plus renforcés avec les pouvoirs publics, par exemple pour expérimenter leurs services dans des quartiers et plus généralement pour intégrer leur offre à celle de services publics.

VERS DES STRATÉGIES DE L’ÉCONOMIE DU PARTAGE
Alors que les développeurs de plateformes rencontrent des difficultés pour nouer des partenariats avec les pouvoirs publics, en France et ailleurs, la stratégie « Sharing city » de la Métropole de Séoul apporte un éclairage précieux. Que ce soit dans le domaine des déchets ou de la mobilité, les projets de mutualisation – via des plateformes ou non – qui apportent des solutions innovantes aux défis de la Métropole sont spécifiquement ciblés, et ont accès à toute une gamme de soutiens : incubation, communication, expérimentation, etc. Un partenariat qui place les acteurs innovants au cœur de la rénovation des services publics
 

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Beatrice PARGUEL (UNIVERSITÉ PARIS DAUPHINE), Renaud LUNARDO (KEDGE BUSINESS SCHOOL) et Florence BENOIT-MOREAU (UNIVERSITÉ PARIS DAUPHINE)

Sustainability of Collaborative Consumption in Question: When Second-hand Peer-to-peer Platforms Stimulate Green Consumers” Impulse Buying and Overconsumption

INTRODUCTION AND RESEARCH QUESTION
Collaborative consumption encompasses “systems of organized sharing, bartering, lending, trading, renting, gifting, and swapping across communities of peers”. Amongst this wide panel of practices, activities associated to redistribution markets, defined as the exchange of “used or pre-owned goods moving from somewhere they are not needed to somewhere they are” (for free or with compensation), are the most common practice. Old practice per se as it used to be done through garage sale, second order outlets, “redistribution markets” have gained momentum with the development of Web-based second-hand peer-to-peer (P2P) platforms (eg. Craig’s list or Ebay in the US, Le Bon coin in France). These second-hand P2P platforms are seen as encouraging sustainable consumption as they offer second life to products, avoiding to latter to be stored in some place, meanwhile other households would buy new items. However, the question of the positive environmental impact of second-hand P2P platforms is still to be proved. Several authors tend to argue that they could also stimulate overconsumption through rebound effects. The present paper contributes to this debate by investigating the propensity of consumers, especially environmentally conscious ones, to be tempted by overconsumption on peer-to-peer platforms, which provide a favorable context for self-licensing behaviors.

METHOD & DATA
A survey was conducted in June 2015 amongst 541 active buyers of the French P2P platform leboncoin (equivalent of US craiglist) addressing questions relative to their buying activity during the previous year.

SUMMARY OF FINDINGS
Results confirm that environmentally conscious consumers are more akin to be tempted in the context of second-hand P2P platform. More precisely, the route leading from materialism to overconsumption through impulse buying is stronger for them than for non-green consumers.

KEY CONTRIBUTIONS
This finding has key practical contributions regarding the counterproductive role of collaborative consumption to sustainability in certain conditions. Theoretically, the research contributes to further develop the emerging theory of self-license in a new context of decision

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Dominique ROUX (UNIVERSITÉ DE REIMS CHAMPAGNE-ARDENNE)

Obsolescence : ce qu’en disent les consommateurs

LES INDIVIDUS S’INTERROGENT SUR LA RÉDUCTION INTENTIONNELLE DE LA DURÉE DE VIE DES BIENS
Qualifiée d’obsolescence programmée et pénalisée par la loi n°2015-992 relative à la transition énergétique du 17 août 2015, cette forme d’obsolescence suscite de nombreux questionnements qui reposent sur des croyances globalement infondées. Ces interrogations renvoient surtout à la question de la durabilité des produits avec deux orientations contrastées : des répondants qui s’accrochent à l’idée que la récence du produit, et surtout la marque, sont des gages de solidité ; à l’inverse, des individus persuadés que les produits récents sont plus fragiles que ceux des générations précédentes dont ils observeraient une baisse graduelle de la qualité. Ces constats posent plus largement la question de l’intérêt de réparer ces produits et renvoient également à la fréquence des défaillances et des garanties offertes au moment de l’achat.

LES CONSOMMATEURS TENDENT À NIER L’OBSOLESCENCE PSYCHOLOGIQUE
En d’autres termes, ils ne reconnaissent que rarement leur envie de renouveler des biens qui sont pourtant encore parfaitement utilisables. Le désir de changement est parfois même justifié par l’idée qu” « on ne peut toujours vivre dans la vétusté ». La culpabilité à renouveler des biens, fortement perceptible dans les discours, est atténuée par le fait de donner et/ou de vendre, plutôt que de jeter. Les entretiens font toutefois apparaître des écarts de conscience importants entre l’idée que « le gaspillage, c’est les autres », et ses propres comportements qu’on ne qualifie pas comme tels. Il y a donc un problème de reconnaissance des mécanismes psychologiques qui conduisent au renouvellement accéléré des biens.

LE VRAI PROBLÈME EST EN RÉALITÉ CELUI DE LA PANNE DES PRODUITS
L’obsolescence technique (non programmée) est en effet le quotidien des consommateurs. Elle soulève le problème des barrières au diagnostic (transport de l’objet, identification et distance des/aux lieux de réparation, coût relatif de la remise en état). En arrière-plan, elle introduit laquestion, très clivante, des compétences. Alors
 que l’absence totale de compétences signe quasi-invariablement la mort du produit, la possession d’un bagage technique accompagne la recherche des causes de pannes, qu’il s’agisse de notions de base de bricolage, de connaissances spécialisées mais hors du domaine de la défaillance ou de compétences professionnelles pointues.

LES PLATEFORMES PERMETTENT UN PASSAGE DES (IN)COMPÉTENCES INDIVIDUELLES AUX COMPÉTENCES COLLECTIVES
En participant à l’auto-organisation des individus pour la résolution de leurs problèmes de réparation, elles permettent d’accroître les niveaux d’information, sinon de compétences des usagers.


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LES PARTENAIRES

LES FINANCEURS

                   

                

By focusing on the collaborative economy in the field of durable goods - like FabLabs, Repair Cafés, Le Bon Coin, Place de la Loc, Recupe.net - the PICO Project analyses:

  • environmental and social motivations of entrepreneurs and users,
  • current impacts of five exchange platforms between private individuals,
  • and the potential role of public authorities in supporting the most promising models for a circular economy.